CHRISTINE NOSTLINGER

© Crédits photo: Lukas Beck

Considérée comme l’un des auteurs les plus honorés d’Autriche, Christine Nöstlinger a touché des milliers de jeunes lecteurs avec la diablerie et l’humour de ses récits. L’auteur prolifique nous a laissé plus de 100 ouvrages de tous les styles. Elle a également écrit des scénarii pour la télévision, des programmes radio pour la jeunesse, des critiques de livres, des articles, des colonnes et bien sur des ouvrages pour enfants et de la poésie.

Récompensée par les prix Hans Christian Andersen et Astrid Lindgren, Christine Nöstlinger n’a jamais cessé de s’adresser aux enfants avec honnêteté et divertissement. Toutes ses histoires, fantastiques ou réalistes, sont autant de critiques aiguisées de la société.

Née à Vienne en Autriche en 1936, au cœur d’une famille aisée, elle connaît très tôt la guerre, les bombardements et la pauvreté. Les mémoires de cette enfance marquée par la violence et les traumatismes s’immisceront dans ses ouvrages.

Après la deuxième guerre mondiale, Nöstlinger rêve de devenir peintre, mais avant même d’achever ses études à l’Ecole d’Arts Graphiques de Vienne, elle se marie et construit une famille. Peu convaincue par ses talents d’artiste, elle décide de travailler dans un quotidien comme journaliste. Dans le même temps, elle s’essaye à la rédaction et l’illustration d’un album : Die feuerrote Friederike. Le texte, mieux perçu que les illustrations, la décide Christine de s’adonner à l’écriture.

Sa carrière d’écrivain débute dans les années 70. Elle concentre alors son travail sur la littérature jeunesse. Les éléments de magie et de fantaisie qui tissent ses textes offrent des portraits d’enfants inattendus. Elle inverse souvent les rôles entre l’adulte et l’enfant ou transforme l’idée générale concernant les comportements des enfants.

Dans Le Roi des concombres, Nöstlinger raconte finalement une « rébellion d’adolescents ». Le père de Wolfgang aide le tyrannique Roi des concombres dans sa tentative de reprendre le pouvoir aux autres légumes du cellier. En prenant la défense des faibles, Wolfgang combat son propre père au cœur de cette étrange rébellion de légumes. Ce livre a été récompensé par le German Prize for Children's and Youth Literature en 1973.

Deux séries d’ouvrages importants font partie du travail incroyable de Nöstlinger. La première série met en scène un jeune garçon dénommé Franz et la deuxième raconte les aventures de la jeune Mini. Un essayiste du site d’ Astrid Lindgren notait en ces termes le ton inimitable de Nöstlinger : « humoristique, qui ne fait pas de sentiment, effacé et tendre. »

L’un des livres les plus célèbres de Nöstlinger: Le môme en conserve atteste de la griffe unique de l’auteur. Ce livre remarquable nous raconte l’histoire de Frédéric : l’enfant parfait ! L’enfant parfait empaqueté dans une boîte de conserve par une entreprise spécialisée est envoyé chez le mauvais destinataire : Mme Bartolotti. Cette dernière défait consciencieusement les bonnes manières du petit Frédéric pour décourager les parents désireux d’avoir un enfant parfait. La qualité de l’histoire démontre une observation détaillée de la réalité. Son intrigue reflète une imagination merveilleuse couplée d’un style exquis et joyeux. L’auteur dénonce avec sarcasmes l’écrasante éducation bourgeoise dont l’autorité est le fondement suprême.

Christine Nöstlinger s’est également attachée à écrire des livres pour les adolescents. Elle y présente les problèmes liés à l’apprentissage de la vie. Elle traite de moments difficiles comme le divorce des parents pour un adolescent et traite ces sujets en regardant ses lecteurs droit dans les yeux. Nöstlinger a toujours pris position pour l’enfant. Toute sa vie elle s’est montrée farouchement opposée à toute autorité déplacée. Elle a toujours su se placer du point de vue de l’enfant sans remettre en question la responsabilité de l’adulte.

Sa carrière a été marquée par deux périodes dominantes. Du début des années 70 jusqu’au milieu des années 80, Nöstlinger se distingue par ses positions sociales militantes et révolutionnaires, puis se laisse débordée par un pessimisme profond.

La famine, la pauvreté, la pollution, les horreurs de la guerre ont largement affecté l’auteur. Dans les années 80 Christine Nöstlinger pose une question essentielle : les écrivains ont-ils réellement un impact positif sur la vie des enfants ?

Son imagination débordante, sa capacité à décrire au peigne fin le caractère humain, sa volonté à défendre les plus démunis, sa prose pleine d’humour et d’esprit, toutes ces caractéristiques ont fait d’elle un auteur hors du commun qui a captivé des milliers de lecteurs.

Sources : jrank.org ; answers.com

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