RÉPONSE D'OLIVIER PONSOYE, PRÉSIDENT DE LA PETITE BIBLIOTHÈQUE RONDE

Site de collectif de soutien Notre Petite Bibliothèque Ronde http://soutienpbr.com/

Mercredi 16 novembre 2016.

Un certain nombre d’entre vous nous ont questionnés à la suite du conseil de quartier de la Plaine qui s’est tenu le 9 novembre et ont regretté notre absence afin d’apporter les précisions nécessaires suite aux questions publiques adressées au Maire de Clamart.

L’association la Petite Bibliothèque Ronde a effectivement été créée en 2007 pour reprendre la gestion de la Bibliothèque des enfants de Clamart. Elle fut créée par Geneviève Patte, Echanges et Bibliothèques (famille Schlumberger) et moi-même, tous membres de droit. Elle a succédé à l’association des Amis de la Joie par les livres, dont Geneviève Patte et moi-même étions administrateurs, ainsi que Clarisse Lebel, présidente d’Échanges et Bibliothèques. Cette association avait elle-même pris la suite de la Joie par les Livres qui, après la donation en 1971 d'Anne Gruner-Schlumberger, était devenue un service de l’État. L'association les Amis de la Joie par les livres était délégataire d’une mission de service publique pour le compte du Ministère de la Culture.

En 2007, la Joie par les livres fut transférée à la Bibliothèque nationale de France (BnF) et la Bibliothèques des enfants de Clamart fut confiée à une nouvelle association nommée la Petite Bibliothèque Ronde, créée pour l’occasion, suivant le vœu de la Mairie et du Ministère de la Culture, afin d’éviter à l’avenir toute confusion avec le service de la BnF.

Depuis 1965, au gré des besoins et des évolutions, se sont succédées plusieurs associations mais dont les protagonistes sont restés les mêmes, marquant ainsi la volonté toujours renouvelée d’un partenariat entre la Ville, l’État et les héritiers d’Anne Gruner-Schlumberger, traduit par un financement mixte privé/public.

Cette logique partenariale reflète la volonté d’Anne Gruner-Schlumberger qui, a voulu que les pouvoirs publics puissent attribuer des moyens plus importants afin d’assurer pleinement la mission dévolue à l’association à travers sa donation. Il ne s’agissait pas de se désengager d’un bâtiment que la famille avait financé entièrement dans sa construction, mais, au contraire, de lui donner plus de moyens en associant la Ville et l’État, la famille poursuivant son mécénat.

En 2007, lors de la création de la Petite Bibliothèque Ronde, l’État avait consenti, au travers d’une convention d’objectif et de moyens passée avec le Ministère de la Culture, des subventions élevées et exceptionnelles qui visaient à compenser le transfert à la BnF du centre de littérature jeunesse et de l'ensemble des personnels.

Il était prévu par cette convention pendant trois ans un niveau de subvention de 125.000 euros en 2007, 150.000 euros en 2008, 150.000 euros en 2009, 110.000 euros en 2010. Par la suite, sous l’effet des baisses de crédits budgétaires, la subvention est passée de 70.000 euros en 2011 pour ensuite se stabiliser autour de 45.000 euros jusqu’à aujourd’hui. Le niveau exceptionnel de subventions des quatre premières années a permis de reconstituer une équipe alors que précédemment l’ensemble des personnels était composé de fonctionnaires, transférés à la BnF. L’objectif visé à la convention était de faire monter progressivement le mécénat privé afin de diminuer la part de financement public, ce qui fut fait.

Le choix du mode de gestion associatif retenu était une opportunité pour les pouvoirs publics de poursuivre un financement mixte public/privé et de donner plus de souplesse de gestion dans les missions assignées de lutte contre la fracture sociale et de mise en place d’un lieu d’observation des pratiques de lecture jeunesse. Cette approche permettait une complémentarité avec les dispositifs développés par les médiathèques.

Comme toute association subventionnée, la Petite Bibliothèque Ronde rend compte chaque année dans des rapports d’activités, y compris analytiques, de l’utilisation qui est faite des fonds publics.

Ces rapports sont transmis à la Ville et au Territoire, à l’État et aux mécènes. Ils sont consultables sur demande et publiés sur notre site. Le Territoire est membre de notre conseil d’administration, par application des conventions de financement, et peut ainsi exercer son contrôle. L’État l’exerce en outre par la voie des rendez-vous annuels de restitution des missions financées. Nous sommes structurés financièrement et budgétairement afin de permettre aussi un contrôle de tutelle de la Cour des Comptes, qui peut intervenir dès lors que l’on fait appel à la générosité du public ou bien que l’on reçoive un euro de fonds publics. En outre, concernant les projets associatifs, nous rendons compte de nos actions par le biais de nos sites internet (public et professionnel) et lors des journées d’études et de colloques que nous organisons avec la profession et le soutien du Ministère de la Culture.

Nous sommes donc en mesure de répondre à l’exigence légitime du territoire et de l’État concernant l’utilisation des fonds publics. Le Maire de Clamart est donc parfaitement fondé à demander une totale transparence en la matière.

A ce sujet, la ville de Clamart ne paye pas l’intégralité de notre fonctionnement, même si sa contribution est importante et le poids de l’entretien ou de la rénovation du bâtiment problématique.

En présence d’un Monument Historique, des crédits spéciaux sont mobilisables en provenance de l’Etat, et il est possible de faire appel à un mécénat d’entreprises ou privé afin de compléter la contribution publique.

Enfin, sur la question du déménagement qui revient souvent. Les procès-verbaux des conseils d’administration détaillés traitant de cette question sont disponibles sur le site internet de la bibliothèque ICI. L’association avait effectivement envisagé la possibilité de s’éloigner du quartier de la Plaine le temps des travaux et de développer, comme son projet l’implique et le permet, un travail plus mobile sur le territoire et les réseaux.

Nous avons suspendu la possibilité offerte d’un local avenue Jean Jaurès, pas tant en raison de l’éloignement du quartier la Plaine, que d’un non-respect du calendrier imposé par la trêve estivale, la production tardive d’un bail non adapté et l’incertitude financière concernant les engagements financiers en matière de travaux sur ce local et sa prise en charge.

Le conseil d’administration n’a pas eu d’autre choix que de revenir sur sa délibération car le déménagement fin septembre devenait impossible sachant que le bail était inadapté et loin d’être signable, et les accords DRAC non demandés concernant le déménagement du mobilier classé dont l’association est responsable en tant qu’affectataire. Le principe d’un déménagement permettant les travaux n’est pas remis en cause à ce jour mais le calendrier doit être revu.

J’ai bon espoir de trouver une solution et une résolution à toutes les ces questions dans les semaines qui viennent. Les services de l’État et du Territoire y travaillent. Le dialogue est en train de se rétablir entre toutes les parties et des assurances raisonnables pour tous doivent être trouvées.

Le Maire de Clamart, au-delà des déclarations des uns et des autres, est un homme soucieux de la bonne gestion du bien public et de l’efficacité des outils culturels. Je veux croire qu’il est aussi homme de dialogue. Il a suggéré lors du conseil de quartier que c’est par cette voie que nous trouverons une issue positive pour nous tous.

Olivier Ponsoye, Président de l'association la Petite Bibliothèque Ronde

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